la vie ordinaire
d’un entrepreneur extraordinaire
Le groupe Cherrier, c’est un récit de petites histoires qui ont écrit la grande. Histoires d’audace, de rencontres et de fidélité. Intensément. Histoires de famille, de courage et de passion. Assurément. L’écrivain de ces histoires, c’est Jean-Claude Cherrier, un véritable humaniste qui a consacré sa vie à entreprendre.
Premiers pas sur la plage Cabourg
« Il n’est de richesse que d’Hommes ». Chaque jour, Jean-Claude Cherrier aime faire sienne de la formule du philosophe Jean Bodin. C’est dire son attachement aux femmes et aux hommes qui l’entoure. Car il sait que sans ces personnes – enfants et collaborateurs – qui partagent son quotidien, sa vie entrepreneuriale n’aurait pas été, et ne serait pas la même. Gamin déjà, Jean-Claude Cherrier aimait être entouré et se sentir utile. Accompagné de son inséparable frère Dany, avec qui il a seulement treize mois d’écart, le duo s’emploie rapidement à de petits boulots estivaux sur la plage de Cabourg. A l’endroit même où quelques années plus tôt il faisait ses premiers pas.
Né le 31 août 1945 à Caen (Calvados), Jean-Claude Cherrier est élevé chez ses grands-parents maternels, d’abord à Dives-sur-Mer, puis à Cabourg dans une petite maison près de la plage, sans eau, ni électricité. Sa grand-mère femme au foyer et son grand-père ouvrier d’usine, lui offrent à une vie sommaire, certes, mais heureuse et remplit d’amour, aux côtés de ses sept frères et sœurs.
Premier "vrai" salaire
A l’école, Jean-Claude est un élève sérieux, mais sans grande facilité. C’est plutôt un manuel, comme il est bon de dire. En 1959, sa grand-mère l’oriente vers un apprentissage libre (sans durée) de pâtissier, à Caen. Un premier « vrai » travail qui lui permet de décrocher un premier salaire : 50 anciens francs par mois, nourri et logé.
Puis direction Carentan (Manche) avant un retour à Dives-sur-Mer, où ses grands-parents se sont de nouveau installés. Jean-Claude s’achète un vélo pour sillonner la Côte Fleurie en quête d’un nouveau travail. Et c’est à Honfleur qu’un poste de boulanger pâtissier se présente à lui, pour 15 nouveaux francs par mois. Quinze jours plus tard, le voilà en quête de nouvelles expériences.
Il répond à une annonce parue dans la presse locale, pour être petit commis, Chez Georges avenue des Thermes à Paris, moyennant un salaire de 150 francs mensuel, nourri logé. « Quand j’ai reçu le message pour me dire que j’étais pris, c’était le plus beau jour de ma vie » se souvient encore Jean-Claude Cherrier. Direction la capitale en train depuis Dives-sur-Mer. Sa mission : livrer le pain et les gâteaux.
Son salaire est envoyé à son grand-père chargé de le mettre sur son livret bancaire. Son aventure parisienne l’amène à travailler plus tard rue de Wagram, dans l’une des premières pizzérias de France, avant de partir à Courchevel (Savoie) pour occuper un poste de pâtisser. Cette expérience à la montagne pousse Jean-Claude Cherrier à de nouvelles aspirations professionnelles.
Et alors qu’il s’imaginait embrasser une carrière dans la politique ou le showbusiness, c’est dans le domaine des foires, des extras et des saisons qu’il se lance entre Paris, La Baule (Loire-Atlantique), Le Pouliguen (Loire-Atlantique) et Courchevel jusqu’à son service militaire en 1964, près de Marseille, puis à Belfort.
A Cabourg, le début d’une vie de bâtisseur
Entre temps, en 1963, il obtient son CAP de pâtissier en candidat libre ainsi que son permis de conduire. Après son passage dans l’armée, il achète, grâce à ses économies, les murs de la Crêperie-Pizzéria de la Plage sur la digue à Cabourg, puis ceux de la crêperie du Père Magloire, avenue de la Mer. Ce sera les deux premières acquisitions d’une longue série, et surtout le début de sa vie de bâtisseur. Dans le même temps, il acquiert un petit appartement à Courchevel et sillonne toujours les routes et les villes en quête des plus belles foires commerciales pour le compte d’employeurs. Une vie à cent à l’heure, mais surtout le commencement d’une vie nouvelle.
Le goût d’entreprendre toujours plus
Las de travailler pour des patrons, il crée sa première entreprise de marchand de marché, comme nommé au RCS, puis une seconde en 1966 à Courchevel pour gérer un hôtel restaurant tout en bois Le Ranch. « Mon objectif, c’était de bâtir » raconte aujourd’hui Jean-Claude Cherrier. En 1967 il se marie – puis aura 4 enfants – et un an plus tard, avec son épouse, il prend la gérance d’une crêperie à Val d’Isère, puis d’une seconde juste en face. Mais en 1970, une terrible avalanche à Val d’Isère fait 40 morts. Un coup dur pour le commerce local. Jean-Claude Cherrier quitte la station et reprend ses marchés sur les routes d’Europe, principalement en Allemagne.
Être visionnaire pour se développer
La fin des années 90 est synonyme d’activités plus sédentaires pour Jean-Claude Cherrier, mais avec l’envie toujours intacte d’entreprendre et de bâtir. D’innover et de se diversifier. De s’associer et de transmettre. Ainsi, la chaîne de boutiques de produits du terroir J’Irai Revoir ma Normandie voit le jour, les investissements immobiliers dans des secteurs stratégiques s’accélèrent, les ouvertures de magasins et de restaurants s’amplifient et les participations aux Expositions Universelles prennent de l’ampleur depuis la première à Osaka au Japon en 1978. Mais pas seulement. Avec le rachat de Fan Avenue spécialisée dans le marchandising, l’événementiel se développe, comme lors des concerts de Johnny Hallyday jusqu’à son décès ou lors des 24 Heures du Mans. Et parce que Jean-Claude Cherrier n’a de cesse d’être visionnaire, il enchaîne les collaborations avec celles et ceux qui sont porteurs de projets innovants ou inventeurs de produits à succès.
S’entourer pour continuer
C’est ainsi que ces dernières années, il s’est associé à des sites Web de e-commerce et au créateur des chocolats Les Coques de Cabourg, vendues exclusivement dans son réseau de boutiques. Propriétaire des murs des anciens ateliers de la célèbre biscuiterie Jeannette, dont il a été aux commandes pendant plusieurs années, Jean-Claude Cherrier y a vu l’opportunité d’une reconversion des murs en bureaux et commerces.
A près de 80 ans, l’entrepreneur bâtisseur fourmille toujours d’idées. A la tête du Groupe éponyme, c’est entouré de sa famille et de ses collaborateurs, qu’il compte poursuivre sa vie professionnelle nourrie avant tout de rencontres et de partage.
Les dates clés
1965 : Ouverture des deux premiers restaurants
C’est à Cabourg, dans le Calvados, que Jean-Claude Cherrier ouvre ses deux premiers restaurants en 1965. Ces ouvertures marquent le début de ce qui deviendra le Groupe Cherrier. En 2022, le groupe compte 18 établissements de restauration.
1978 : 1ere participation à une Exposition Internationnale
C’est à Osaka, au Japon, que Jean-Claude Cherrier fait ses débuts dans l’événementiel. Depuis cette date, le Groupe Cherrier a participé à 18 Expositions Universelles et Internationales, exportant son savoir-faire aux quatre coins du monde.
2009 : Création du réseau de boutiques J’Irai Revoir ma Normandie
Déjà à la tête de plusieurs boutiques de produits locaux, dont c’est sa spécialité, Jean-Claude Cherrier créé en 2009 la chaîne J’Irai Revoir ma Normandie. En 2022, sur 24 boutiques que comptent le groupe, 9 portent le nom J’Irai Revoir ma Normandie.
Le Groupe Cherrier, une aventure familiale
“Il n’est point de richesse que d’Hommes”. Jean-Claude Cherrier aime faire sienne cette citation du philosophe Jean Bodin, pour rappeler son attachement indéfectible aux femmes et aux hommes qui l’entourent. Pour lui, le succès du Groupe Cherrier est avant tout celui d’une aventure humaine. Et dans cette aventure, ses quatre enfants occupent une place de premier plan. Céline, Anne-Sophie, Marie-Lise et Jean-Christophe travaillent depuis toujours aux côtés de leur papa. Chacun dans un domaine bien précis : de la gestion des boutiques à la manutention, de l’administration à l’organisation d’événements, tout est aujourd’hui bien rodé entre le papa fondateur du Groupe et les enfants gestionnaires. Succès et échecs, joie et peine, la famille soudée a fait face, en associant continuellement les collaborateurs, aux différentes étapes de la vie de l’entreprise. Plus de cinquante après sa création et grâce à cette cohésion familiale, le Groupe Cherrier peut poursuivre son développement avec rigueur et sérénité, en attendant – peut-être – l’arrivée des petits-enfants au sein de l’aventure…